NEWSLETTER N° 6 , de juin 2016 à juin 2017

L’équipe de coordination
A Bruxelles : Maryvonne Byvoet, Dominique De Ryck, Cécile Durieux, Paul Fonteyn, Bruno Hachez, Martine Henao, Alliette et Raymond Leleux.
A Libramont : Anne Hugon
A Verviers :  Jean-Luc et Ruth Pire.
Trésorier : Claude Vancutsem

  • Le 23 juin 2016 : célébration de la Parole autour de  « La rencontre au puits »,   partage de  l’Evangile de la Samaritaine suivi d’une prière de remerciements pour les temps d’échanges de cette année. Cette expérience nous semble intéressante pour célébrer la Parole sans la lier à l’Eucharistie. Apprenons à innover afin que l’absence de prêtre n’entraine pas automatiquement la disparition  des célébrations liturgiques et les rassemblements de vie communautaire !…
  • Le 27 septembre 2016 : conférence « Prêtre d’aujourd’hui et de demain »
    Le Père Jacques t’Serstevens évoque ses 48 ans de prêtrise avec ses joies,   ses regrets et Simon Naveau, séminariste à Namur, nous parle de ses espoirs, de ses inquiétudes, de ses motivations.
  • Les 4, 5, 6, novembre 2016 :  RIVESPERANCE à Namur « Habiter notre maison commune » cf Laudato si
    Nous avons animé un atelier avec le Père André Fossion « Dieu désirable ».
  • Le 14 novembre 2016 : témoignage « L’Irak d’hier et d’aujourd’hui » par Sœur  Marianne Goffoël, dominicaine, membre de la Commission pour les relations avec l’Islam (CIRI) et ancienne secrétaire générale d’El Kalima.
    Elle garde des contacts avec les communautés qu’elle a connues lorsqu’elle vivait en Irak (1970 à 1983).
  • Le 26 janvier 2017 : conférence « Ecologie et justice sociale.  Nouveau souffle et tous concernés ? » par Claire Brandeleer, rédactrice au Centre Avec : centre de recherche et d’action sociale. Développer une analyse engagée sur des questions sensibles de société… vivons plus simplement.
  • Le 18 avril 2017 :  conférence « La jeunesse musulmane face au discours de la haine » par Hicham Abdel Gawad, professeur de religion islamique.
    Diplômé en sciences des religions (UCL). Chercheur impliqué dans le dialogue islamo chrétien. Auteur du livre « Les questions que se posent les jeunes sur l’Islam » ed La boîte à Pandore 2016.
    Hicham nous a aidé à mieux connaître la réalité du monde des jeunes musulmans en Belgique.
  • Le 30 mai 2017 : conférence :  « Osons ouvrir le premier Testament » par Frère Etienne Demoulin, moine au Monastère de Wavreumont. Il est théologien, musicien, philosophe… Il nous a partagé son amour de la Bible en nous invitant à nous familiariser avec la pratique de la lecture des textes.

NOS PROJETS :

  • Le 26 septembre 2017 : Catherine Chevalier, enseignante au Centre universitaire de théologie pratique de l’UCL donnera une conférence sur le thème « Défi ou chance pour le devenir de l’Eglise ».
  • Les 21 et 22 octobre 2017:  Week-end de rentrée de la CCBF à Paris  « Joseph Moingt un prophète pour tous les baptisés » par Jean Pol Gallet, professeur à l’UCL.  Rendez vous sur le site de la CCBF pour tous renseignements sur ce week end.
  • Nous vous invitons également à signer la lettre que Anne Renée Bazin adresse au nonce apostolique au nom de la CCBF  en vue de la nomination du prochain archevêque de Paris qui remplacera Mrg  VINGT TROIS .

Conférences à venir : au printemps 2018 nous organiserons une rencontre un samedi après midi avec une conférence suivi d’un moment convial afin de prendre le temps d’échanger entre nous ce que ne permet pas la tenue des conférences du soir

Oser ouvrir le Premier Testament

OSER OUVRIR LE PREMIER TESTAMENT

Compte-rendu de la conférence donnée par Etienne Demoulin, Frère au monastère de Wavreumont, théologien, philosophe, musicien…

le mardi 30 mai 2017 aux Fraternités du Bon Pasteur

Il nous propose de partager son amour de la Bible            

1° Ancien ou Premier Testament:

Textes paraissant étranges, qui engendrent un questionnement et dès lors une ouverture. L’ouverture peut mener à l’incertitude mais aussi à la liberté. Ne pas trop savoir à l’avance ce que le texte dit. Aborder l’Ecriture comme si on ne la connaissait pas, accepter l’altérité et non pas  la certitude préalable. Le texte ne dit pas des vérités: il s’agit d’une littérature initiatique. Il nous parle, nous répondons et donc nous existons. Nous entrons en dialogue avec le texte. Martin Buber: « ouverture de sa croyance ». L’adjectif « ancien » rend mieux compte d’une notion de sagesse, sagesse transmise par les « anciens ». L’adjectif  « premier » indique qu’il sera suivi au moins par un autre et peut éventuellement être remplacé.

2° Rapport entre l’Ancien et le Nouveau Testament:

Les juifs parlent des Ecritures pour ce que nous appelons Ancien  Testament. Jésus n’a connu que les Ecritures et s’est basé sur celles-ci pour formuler son enseignement. Sans ce lien avec les Ecritures-Ancien Testament, Jésus n’aurait eu chez les juifs aucune crédibilité. Les textes du Nouveau Testament sont remplis de références à l’Ancien.

3° Interprétation(s) et traduction(s):

Lire un texte, c’est l’interpréter. Le texte nous a donné une ouverture. Si l’on ne l’interprète pas, c’est qu’il ne nous dit rien. Il faut se désapproprier le texte pour enfin l’écouter. Les vérités du texte, ce sont les ouvertures qu’il engendre chez nous.  L’interprétation peut donner lieu à des manipulations, mais c’est un risque à accepter. Les traductions peuvent donner lieu à plusieurs significations différentes, toutes utiles. Ne pas confondre croyance et Dieu vivant: le Crédo est un texte du Moyen-Orient et qui date de 1.600 ans.

4° Sacralisation versus Sanctification:

Le mot « sacré » n’est jamais mentionné dans l’Ancien Testament, au contraire du mot « Sanctifié ». Ce qui est sacré est immuable. Il y a obligation de s’y soumettre. Ce qui est sacré peut devenir objet d’idolâtrie. Ce qui est sanctifié est séparé. Cette séparation permet la rencontre des différences.

5° Alliance:

L’Ecriture est un livre de questionnement. Il suscite créativité et respect. Il   fait entrer en dialogue: Alliance. Les prophètes de l’Ancien Testament d’abord, Jésus ensuite ont renouvelé et non pas remplacé l’Alliance initiale. L’Alliance est une pédagogie de rapprochement, une construction de confiance.

6° Lecture du psaume 122:

La traduction par Etienne en  » bâton de ralliement » signifie non pas une tribu au sens ethnique, mais une tribu par ralliement ( volontaire).

7° Lecture de Genèse 11:
8° Lecture de l’Exode, chapitre 14:

Récit initiatique, non historique. » Pharaon » = un pouvoir qui m’écrase et qui peut être un pouvoir en moi.  » Salut » = « Jésus » = l’espace pour exister.

notes personnelles Paul Fonteyn

Le jour où Luther a dit non

Est-on jamais assez curieux pour dépasser les idées reçues ? Le livre de Anne Soupa est une belle introduction à la personnalité de Luther et au contexte historique et politique de l’époque. Se commémorer le 500ème anniversaire du « non » peut être l’occasion de redécouvrir ce vent de liberté et nous ouvrir à l’œcuménisme. La réforme n’avait-elle pas changé l’Allemagne, l’Europe et le monde.

Martin Luther est un érudit, ami d’Erasme. Il aime son Eglise et est attaché au message divin. Ses thèses affichées aux portes de l’église de Wittenberg sont sans équivoque : pas de marchandage avec Dieu pour effacer nos péchés. La question est complexe car économie et politique s’en mêlent : le Pape, l’Empereur et les Princes de la Diète ont besoin d’argent. Il faut donc mettre au ban ce moine qui dérange. Lors de la rencontre d’Augsbourg, le légat du Pape exige l’obéissance absolue. Luther doit se rétracter au risque d’être excommunié ou finir comme Savonarole.

L’art d’Anne Soupa est de mettre sa plume romanesque au service de l’histoire, en rendant celle-ci vivante et accessible. Le suspense est maintenu jusqu’à l’inévitable rupture. La conscience personnelle, le cœur de l’homme et sa vie avec Dieu, l’Eucharistie pour tous sont les leitmotivs de Martin : « Ta foi t’a sauvé ». La vie la plus austère, même monastique, a peu de poids sans la miséricorde divine. La question des indulgences sera corrigée par la prise en considération des revendications de Luther lors de la Contre Réforme et lors du Concile de Trente. Elle ne justifiait pas un schisme !

La vie de Luther sera loin d’être un long fleuve tranquille : il faudra assurer sa protection face à Charles Quint qui le bannit. Ses relations avec Erasme et Calvin deviendront conflictuelles. Par ailleurs, il reste un travailleur infatigable à qui nous devrons la traduction de la Bible en allemand, chef d’œuvre objet d’ une référence absolue.

A travers ce livre, Anne Soupa oblige à repenser notre époque, à actualiser notre regard sur les évènements vécus par notre Eglise, jusqu’à ces dernières années. Le dernier mot revient au Pape François : « L’intention de Martin Luther était de renouveler l’Eglise et non de la diviser »

Raymond Leleux