Quête d’intériorité contemporaine et spiritualité chrétienne

Résumé de la Conférence de l’Abbé Eric de Beukelaer, ce 2/4/2019.

Raymond Leleux
Animateur des Baptisé-e-s en marche.

D’emblée, le conférencier classe la spiritualité dans l’ordre d’un besoin universel de l’homme qu’il soit croyant ou athée. Il s’agit surtout pour nos jeunes de ne pas être analphabète spirituel  !

Auparavant on pouvait être adulte à 18 ou 20 ans. Actuellement l’adolescence se prolonge de 18 à 24 ans et la post-adolescence de 25 à 35 ans. C’est au cours de cette période que le suicide serait la première cause de décès. Le jeune ne sait pas où il en est, désemparé, il ne se sent pas prêt à affronter les pressions et la complexité du monde des adultes. Face à l’aspect sans cesse compétitif, il ne suit plus et il est en colère (gilets jaunes). Malheureusement notre Eglise n’a pas trouvé les mots nouveaux ( confesseur-coach, jeûne et carême- diététique, effort-fitness) pour répondre à leur appel alors qu’elle a le message du Christ : « Je suis là, près de toi ».

Dieu nous prend tel que nous sommes. Faire la paix avec nous-mêmes est la règle de base de la spiritualité : «Devenez ce que vous êtes ».

La vie nous ouvre deux routes. La première est biologique avec deux faits inéluctables, la naissance et la mort. Se limiter à cet aspect revient à « profiter » au maximum. La seconde est spirituelle : depuis le ventre de notre mère, nous quittons une ère pour s’ouvrir à une nouvelle vie ; étape par étape il nous faut mourir pour être plus vivant. Nous sommes peu libres de la quantité et de la qualité de vie mais bien de son intensité. Celle-ci se mesure à l’aulne de nos relations, de nos amitiés, de notre amour.
C’est tout le message chrétien déjà signifié par la Trinité. Nous sommes loin de la solitude si présente dans notre monde inondé de « communications ».

La spiritualité chrétienne se veut exigeante quant

  • au respect de toute personne
  • à la volonté de plus de vivant
  • à la relation authentique, d’égal à égal.

Le Christ rencontre la samaritaine et lui dit : « Donne-moi à boire… »

Le conférencier expose encore sa vision des grandes étapes de la vie :
L’enfant comparé aux mollusques : sa peau est très perméable, comme une éponge. Il lui faut une coquille, protection donnée par les parents, les maîtres…
L’adolescent comparé aux crustacés : il commence – avec ses pinces-  à s’affirmer face au monde extérieur mais il reste très fragile et sa carapace est encore bien nécessaire.
L’adulte est le vertébré qui peut se permettre une peau douce, un contact chaleureux. Sa colonne vertébrale est solide et son identité bien structurée peut résister aux agressions extérieures.

Eric de Beukelaer termine son intervention en nous demandant d’apprendre à perdre son temps, à pouvoir s’arrêter. Nous faisons silence pendant 4 minutes.

Notes prises à la conférence de l’abbé Eric de Beukelaer du 2 avril 2019.

Paul Fonteyn, le 3 avril 2019

Réflexion d’un ancien recteur ( maçonnique ) de l’Ulg:  » Je ne voudrais pas que mes étudiants soient des analphabètes spirituels ».

La quête d’identité et la spiritualité sont un besoin universel. Il faut donc avoir le goût de cultiver son intériorité.

Auparavant la vie était essentiellement rurale et dès lors habitée de silence. L’ouverture de l’homme était limitée à son environnement immédiat et l’homme avait de ce fait pu structurer sa personnalité dès l’âge de 18 ans .Il était donc devenu adulte et apte à prendre sa destinée en main, travailler et fonder une famille. Le monde devenant rapidement de plus en plus complexe, l’homme met plus de temps à l’intégrer, à trouver qui il est dans ce monde et donc devient adulte sensiblement plus tard. A cela s’ajoute l’exigence de la compétitivité. L’enfant est comme une moule, protégé par sa carapace ( ses parents essentiellement ), l’adolescent est comme un homard qui a toujours besoin de sa carapace mais utilise ses pinces pour s’affirmer. L’homme ne devient adulte que quand il a su bâtir sa colonne vertébrale et qu’il n’a dès lors plus besoin de carapace. Sa surface, de dure et rugueuse, est devenue souple et douce.

L’homme occidental, de culture gréco-romaine, est moins contemplatif que l’homme oriental et sa pensée est plus pragmatique et moralisatrice. Le dogme , qu’il soit religieux ou civil, est une balise. Nombreux sont les dogmes civils qui se sont superposés aux dogmes religieux. Il en est de même pour des comportements: la diététique pour le carême, le coach pour le confesseur ou le conseiller spirituel etc…

Règles de base de la spiritualité:
– Si vous voulez trouver Dieu, rentrez en vous, ( incarnez vous ). Importance des moments, si possible quotidiens, de silence.
– Rentrer en soi, c’est s’accepter tel que l’on est, c’est faire la paix avec soi-même. Dieu nous aime tel que nous sommes.
-Nous mourons à toute étape de notre vie: choisir, c’est mourir pour vivre.

Vie relationnelle et spiritualité:
De plus en plus difficile malgré ou plutôt et paradoxalement à cause de tous les moyens modernes de communication. L’être humain est par nature relationnel. Le Dieu trinitaire est par essence relationnel. L’Esprit Saint témoigne de la spiritualité. Le fondamentalisme religieux est lié à un manque de spiritualité.

 

 

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