Le cours de religion pour quoi faire ?

Conférence de Pascale Otten – 21 juin 2018.

Un courte présentation.

Pascale est mariée depuis 40 ans;  elle a 3 enfants et 5 petits enfants.

  • Licenciée et agrégée en Archéologie et Histoire de l’Art. Professeur de l’Art en secondaire supérieur.
  • Formation de pédagogie religieuse à l’Institut Lumen Vitae puis, pendant 26 ans, maître de religion catholique en primaire et en secondaire supérieur.
  • Inspectrice du cours de religion en primaire pendant 11ans.
  • Rédactrice en chef de la revue Rivages, depuis sa création il y a 2 ans.
Les échanges, le résumé de la conférence.

Quand on parle de transmission, on sous-entend un message et un récepteur. Une première difficulté réside dans la différence des récepteurs en fonction des générations, des milieux culturels…
Il y a aussi de nombreuses interférences, pour ne parler que des médias, d’internet, des réseaux sociaux…

Retenons encore que la crise de l’enseignement est générale en raison :

  • du refus de tout dogmatisme (Mai 1968…)
  • d’un individualisme très marqué. A noter que 65% des jeunes belges se déclarent athées.
  • d’une société devenue multiculturelle avec des propositions de sens très diverses, partiellement liées aux religions différentes
  • d’un renversement dans la transmission de certaines techniques ;
    les enfants enseignent l’informatique aux parents, grands-parents

Il nous faut préciser :

  1. Ce nous voulons transmettre : des savoirs – savoirs être- savoirs faire ou des valeurs.
  2. Nos motivations :
    • pérenniser nos traditions
    • se rassurer ; « le bon chemin » est tracé.
    • l’Evangile est la valeur sûre.

Pascale aborde le problème des cours de religion obligatoires dans les deux réseaux depuis 1958, mais sans précision du nombre d’heures. Actuellement, ce cours est en grand péril car il n’est soutenu par aucun parti (le CDH ??). Beaucoup de personnes ignorent cette réalité, même le clergé.
Sachons aussi que les professeurs de religion ont la vie dure ; ils sont critiqués par leurs paires car la religion est vue comme source de violence, de radicalisme.
En réponse à un participant stigmatisant le peu de densité et de contenu rationnel des cours, Pascale nous donne une note d’espoir.

Dans notre diocèse, Malines-Bruxelles, la formation des enseignants est prise au sérieux :

  • un cursus de 3 ans à « La pierre d’Angle »
  • des ateliers « Philo-Théo » abordant des questions de vie à partir de textes bibliques.
  • des dossiers de méthodologie soigneusement élaborés pour les classes de maternelles, primaires et secondaires. Il y a lieu parfois de s’adapter à des classes rassemblant près de 100% de musulmans, même dans l’enseignement catholique.

A signaler qu’en primaires, les titulaires avaient eu 70 heures de cours de religion à l’école normale catholique.
Ce survol de la transmission religieuse nous a fait comprendre combien ce problème est complexe et qu’il exige beaucoup d’engagements tant personnels que fonctionnels pour aujourd’hui et demain !

24 juin 2018.

Raymond Leleux.

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