A la suite du Christ en terre d’homosexualité

Compte-rendu de la réunion du 21 mars 2016

D’emblée, Yves et Samuel, animateurs de l’association « Devenir Un en Christ »
précisent qu’ils sont chrétiens avant d’être homosexuels ; leur identité ne peut être enfermée par un seul aspect. Plutôt qu’homosexualité, il serait préférable de parler d’homosensibilité. Rappelons que cette attirance émotionnelle et/ou sexuelle entre deux personnes de même sexe n’est en aucun cas un choix conscient et délibéré.
Cependant ce n’est qu’en 1990 que l’OMS ne l’a plus qualifié de maladie mentale!
Le chemin reste long avant d’admettre la différence.

Pour l’adolescent, que de questionnements :

  • qu’ai-je fait ? quelle est ma responsabilité ?
  • serai-je encore aimé par mes parents, mon entourage ? et même à 20 ans et plus ?
  • comment accepter son orientation sexuelle souvent liée à la clandestinité ?
  • comment assumer les sentiments de culpabilité ?
  • comment faire face à l’hostilité de la société, de son entourage et même d’un jugement encore trop souvent négatif de l’Eglise (l’Eucharistie sous-entend la chasteté)

L’association « Devenir Un en christ » permet l’accueil, l’écoute, la parole.
Elle est un lieu de maturation de la foi chrétienne : Dieu m’aime comme je suis.
A cet égard, elle est aussi un pont avec ceux qui se sont éloignés de l’Eglise.
Il ne s’agit pas de revendications mais de dialogue.
Les témoignages ne sont pas là pour nous convaincre de quoi que ce soit mais ils nous font toucher du doigt une réalité mal perçue ou connue de façon théorique.
Beaucoup de préjugés persistent et le sujet ne reste-t-il pas encore « tabou » dans notre Eglise ?

Poignant sera le témoignage des parents confrontés à la tristesse, à la culpabilité, aux offres de traitement, à l’acceptation de la réalité, à l’accueil du couple. Tout leur amour résonne dans cette phrase : « Ils sont toujours nos enfants ». Ils ont aussi gardé leur confiance en Dieu et leur foi dans son amour pour leur enfant tel qu’il est. Parler de problèmes relationnels si intimes leur a demandé du courage.
Merci à eux.

Viennent ensuite les échanges dont nous retenons :

  • L’importance à ne pas enfermer la sexualité dans l’acte sexuel ou la procréation. La fécondité n’est pas que physique mais aussi spirituelle.
  • La gaypride reflète plusieurs facettes du prisme.
    Elle a pu contribuer à une reconnaissance du problème de l’homosexualité et à sa meilleure tolérance. La jeune génération a moins de préjugés.
  • La Bible a des paroles violentes si elles sont lues littéralement. Il importe de les remettre dans leur contexte… idolâtrie…multiples dieux sexués…
  • Le regret que certains évêques (en Afrique ?) ne condamnent pas les atteintes aux droits humains contre les homosexuels.
  • L’Eglise a parlé de sexualité désordonnée « pas selon l’ordre » de la loi naturelle.
    Voilà une notion qui a bien évolué depuis St Thomas d’Aquin.
    Actuellement, l’Eglise ne veut pas se prononcer sur la culpabilité, car il s’agit du domaine de la conscience de chaque personne.
  • L’association « Devenir Un en Christ » ne prend pas position sur le « mariage homosexuel » ni sur l’adoption.

Dans le cadre du Synode de la famille et de l’homosexualité, BEM a posé la question de la reconnaissance par l’Eglise de leur amour en acceptant de bénir leur union. Sur plus de 200 réponses : 60% ont répondu favorablement, 12% y sont opposés et 28% restent indécis.

L’association a été reçue à Rome par l’évêque responsable de la famille.
Chez nous, Mgr Kockerols l’a accueillie favorablement et a souhaité qu’elle se fasse mieux connaître.

Prions pour que notre Eglise fasse une place adaptée aux personnes
homosexuelles afin qu’elles puissent s’épanouir en disciples du Christ.

Site internet : http://www.devenirunenchrist.net

Une réflexion au sujet de « A la suite du Christ en terre d’homosexualité »

  1. La rencontre d’une personne de « haut niveau » m’a conduit à prendre connaissance de ce qu’on sait de la conscience et de l’inconscience (Stanislas Dehaene, le Code de la Conscience, Odile Jacob). Ce savoir récent oblige à réviser la morale traditionnelle dans un sens plus évangélique. Des sujets comme l’orientation sexuelle, la volonté et ses limites (pédophilie …), doivent obliger une société de ne pas culpabiliser de manière abusive certains de ses membres, à ne pas se défausser en montrant l’autre du doigt et en oubliant qu’il faut protéger les plus faibles que sont les enfants et aussi les malades mentaux au lieu de se faire « un monde » du péché et de l’exorcisme. L’Eglise est, d’une certaine manière malade par inconscience, et parfois aussi par refus de savoir, refus de se remettre en cause.

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