Archives mensuelles : avril 2019

Quête d’intériorité et spiritualité : la pleine conscience, le wellness, des méditations diverses … versus et/ou lien avec la proposition chrétienne

Partage du 2 avril 2019 par Eric de Beukelaer

Extraits de la séance : des pistes mémorables
De la compétitivité à l’incarnation
De la « cool-attitude » au renoncement
De la communication à la relation

1. Etre compétitif ? La vie = un équilibre entre le centripète et le centrifuge

Quel en est le contexte ? Jusque dans les années 50, vu la place importante de l’ agriculture, de l’artisanat, des communications « lentes » … , des espaces de silence étaient intrinsèques à la vie normale. Depuis lors la rapidité, l’instantanéité, l’abondance, la complexité s’accélèrent … avec le smart-phone pour battre la mesure.

Culturellement si l’Orient était plutôt influencé par Platon ( ouverture à la contemplation ), l’Occident l’était par le stoïcisme ( Zénon, Sénèque, Epictète ) qui postule que le bonheur vient de * l’agir sur ce sur ce quoi l’on a prise * et de l’imperméabilité envers ce qui nous affecte. En découle une propension à l’action et aux règles de l’action ( = la morale ).

Aujourd’hui il faut être « in » et donc centrifuge : consommation, vitesse, compétitivité, tenir le rythme, … au grand risque d’être « out ».

Dans la quête incessante ( fuite en avant ? ), la proposition chrétienne est centripète : « avant que tu ne te cherches, je t’ai trouvé » = une double incarnation : * celle d’un Dieu Père incarné * celle – toujours en tension – de soi vers soi. Le premier défi/devoir est dès lors d’entrer en soi et de faire la paix avec soi …. ( 4 minutes quotidiennes de silence y contribuent .. ) en se libérant * de la victimisation * autant que du soi idéal ( Narcisse ).

A cœur du centripète, il y a une présence.

2. – Be cool ??? – La vie est une succession acceptée de morts de l’état précédent en vue d’un accès à une étape nouvelle

Cool-cool

Mais je la joue cool, cool, cool
C’est vrai que j’en ai tant rêvé
Et je roule, roule, roule
Même sans savoir où je vais
Je la joue cool, cool, cool
J’ai pas l’intention de changer
Et je roule, roule, roule
Avec ceux qui m’aiment        Kendji Girac

Sympa mais !!! ???

Vivre intensément chaque moment est souvent la mort de l’état antérieur = une dynamique et un non-accablement. Renoncer dans la confiance et la résilience serait la voie de la solide cool-attitude ???

Matthieu 16 24 Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera.…

On n’est maître ni de la longueur, ni de la qualité de sa vie, mais bien de son intensité en vue de devenir Vivant. Laisser le moment arriver. Habiter le silence.

Matthieu 6:25
C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

n.b. c’est quoi Vivant ? comparer les récits détaillés et parallèles de la passion chez les 4 évangélistes et le désordre insaisissable d’après Pâques : Jn : le jardinier, Lc : stupéfaction et épouvante, Mc : un jeune homme vêtu d’une robe blanche, Mt : tout d’un coup, Jésus se présenta à elle et leur dit « salut ».

3. Communiquer ou entrer en relation ?

Le « GSM » ou le relationnel ? Se bombarder ou prier ? ..
.. le « pigeon » de la Trinité est précisément ce flux relationel du Dieu Père – Fils incarné.


Allégorie : mollusque – crustacé – vertébré ( selon F. Dolto )

L’enfant, l’apprenant de tous âges, … sont des mollusques = fragiles et donc besoin de protection.
L’ado … et autres réclamants sont des homards = carapacés et pinçant mais moux et inconstruits à l’intérieur.
L’adulte, .. l’Homme vertébré = un squelette structuré et flexible entouré de chairs tendres pour la relation.
… le cycle peut s’inverser : à défaut de devenir « vertébré » l’on devient « crustacé » = djihadiste ou « mollusque » = feuille au vent. Le stade 2 a tendance à s’étendre vu les multi-sollications et l’estompement de repères.

L’air du temps : carême c’est « out » – vassavasa c’est « in » tout autant que la diététique, la sobriété heureuse, etc…

Le Jeûne, une Tradition de toutes les Religions ; vendredi 26 juin 2015, par Buddhachannel Fr.

« Le carême » des chrétiens.se conçoit comme un temps de préparation avant la fête de Pâques. Il débute par le jour de pénitence appelé « mercredi des cendres » = , « Homme souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière« .

Dans la tradition juive, c’est le « Yom Kippour« , c’est à dire le premier jour du calendrier juif, que se manifeste pendant 24 heures le jeûne. La Tora prescrit de jeûner toute la journée, et de se repentir pour obtenir le pardon, « car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel« .

Chez les musulmans, le « Saoum » désigne le jeûne pratiqué durant le mois de Ramadan. Il est précisément le quatrième pilier de l’Islam. Il est un devoir pour tous les musulmans, il l’est d’ailleurs bien précisé dans le Coran : « Ô vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédé, ainsi atteindrez-vous la piété »

Chez les bouddhistes, « Vassavasa » démarre en juillet exactement. En réalité il démarre au début de la saison des pluies et se termine au même moment, c’est à dire trois mois plus tard. Les moines ne pouvant se déplacer pour prêcher, ils doivent partir en retraite dans les pagodes, et ne jamais en sortir….


 

Quête d’intériorité contemporaine et spiritualité chrétienne

Résumé de la Conférence de l’Abbé Eric de Beukelaer, ce 2/4/2019.

Raymond Leleux
Animateur des Baptisé-e-s en marche.

D’emblée, le conférencier classe la spiritualité dans l’ordre d’un besoin universel de l’homme qu’il soit croyant ou athée. Il s’agit surtout pour nos jeunes de ne pas être analphabète spirituel  !

Auparavant on pouvait être adulte à 18 ou 20 ans. Actuellement l’adolescence se prolonge de 18 à 24 ans et la post-adolescence de 25 à 35 ans. C’est au cours de cette période que le suicide serait la première cause de décès. Le jeune ne sait pas où il en est, désemparé, il ne se sent pas prêt à affronter les pressions et la complexité du monde des adultes. Face à l’aspect sans cesse compétitif, il ne suit plus et il est en colère (gilets jaunes). Malheureusement notre Eglise n’a pas trouvé les mots nouveaux ( confesseur-coach, jeûne et carême- diététique, effort-fitness) pour répondre à leur appel alors qu’elle a le message du Christ : « Je suis là, près de toi ».

Dieu nous prend tel que nous sommes. Faire la paix avec nous-mêmes est la règle de base de la spiritualité : «Devenez ce que vous êtes ».

La vie nous ouvre deux routes. La première est biologique avec deux faits inéluctables, la naissance et la mort. Se limiter à cet aspect revient à « profiter » au maximum. La seconde est spirituelle : depuis le ventre de notre mère, nous quittons une ère pour s’ouvrir à une nouvelle vie ; étape par étape il nous faut mourir pour être plus vivant. Nous sommes peu libres de la quantité et de la qualité de vie mais bien de son intensité. Celle-ci se mesure à l’aulne de nos relations, de nos amitiés, de notre amour.
C’est tout le message chrétien déjà signifié par la Trinité. Nous sommes loin de la solitude si présente dans notre monde inondé de « communications ».

La spiritualité chrétienne se veut exigeante quant

  • au respect de toute personne
  • à la volonté de plus de vivant
  • à la relation authentique, d’égal à égal.

Le Christ rencontre la samaritaine et lui dit : « Donne-moi à boire… »

Le conférencier expose encore sa vision des grandes étapes de la vie :
L’enfant comparé aux mollusques : sa peau est très perméable, comme une éponge. Il lui faut une coquille, protection donnée par les parents, les maîtres…
L’adolescent comparé aux crustacés : il commence – avec ses pinces-  à s’affirmer face au monde extérieur mais il reste très fragile et sa carapace est encore bien nécessaire.
L’adulte est le vertébré qui peut se permettre une peau douce, un contact chaleureux. Sa colonne vertébrale est solide et son identité bien structurée peut résister aux agressions extérieures.

Eric de Beukelaer termine son intervention en nous demandant d’apprendre à perdre son temps, à pouvoir s’arrêter. Nous faisons silence pendant 4 minutes.

Notes prises à la conférence de l’abbé Eric de Beukelaer du 2 avril 2019.

Paul Fonteyn, le 3 avril 2019

Réflexion d’un ancien recteur ( maçonnique ) de l’Ulg:  » Je ne voudrais pas que mes étudiants soient des analphabètes spirituels ».

La quête d’identité et la spiritualité sont un besoin universel. Il faut donc avoir le goût de cultiver son intériorité.

Auparavant la vie était essentiellement rurale et dès lors habitée de silence. L’ouverture de l’homme était limitée à son environnement immédiat et l’homme avait de ce fait pu structurer sa personnalité dès l’âge de 18 ans .Il était donc devenu adulte et apte à prendre sa destinée en main, travailler et fonder une famille. Le monde devenant rapidement de plus en plus complexe, l’homme met plus de temps à l’intégrer, à trouver qui il est dans ce monde et donc devient adulte sensiblement plus tard. A cela s’ajoute l’exigence de la compétitivité. L’enfant est comme une moule, protégé par sa carapace ( ses parents essentiellement ), l’adolescent est comme un homard qui a toujours besoin de sa carapace mais utilise ses pinces pour s’affirmer. L’homme ne devient adulte que quand il a su bâtir sa colonne vertébrale et qu’il n’a dès lors plus besoin de carapace. Sa surface, de dure et rugueuse, est devenue souple et douce.

L’homme occidental, de culture gréco-romaine, est moins contemplatif que l’homme oriental et sa pensée est plus pragmatique et moralisatrice. Le dogme , qu’il soit religieux ou civil, est une balise. Nombreux sont les dogmes civils qui se sont superposés aux dogmes religieux. Il en est de même pour des comportements: la diététique pour le carême, le coach pour le confesseur ou le conseiller spirituel etc…

Règles de base de la spiritualité:
– Si vous voulez trouver Dieu, rentrez en vous, ( incarnez vous ). Importance des moments, si possible quotidiens, de silence.
– Rentrer en soi, c’est s’accepter tel que l’on est, c’est faire la paix avec soi-même. Dieu nous aime tel que nous sommes.
-Nous mourons à toute étape de notre vie: choisir, c’est mourir pour vivre.

Vie relationnelle et spiritualité:
De plus en plus difficile malgré ou plutôt et paradoxalement à cause de tous les moyens modernes de communication. L’être humain est par nature relationnel. Le Dieu trinitaire est par essence relationnel. L’Esprit Saint témoigne de la spiritualité. Le fondamentalisme religieux est lié à un manque de spiritualité.