Archives mensuelles : décembre 2017

Judaïsme et Christianisme

Nous vous invitons à venir nombreux écouter

DALIA de MACAR – ELBAUM

Professeur à la Maison de la Culture Juive
Conférencière à l’Abbaye de Soleilmont.

Judaïsme et Christianisme
Joie de la rencontre

Le mardi 16 janvier 2018 à 20 h.
Aux Fraternités du Bon Pasteur,
Rue au Bois, 365b à 1150 Woluwé St Pierre

Infos : Dominique De Ryck – Tel : 0497/40 73 82
baptisesenmarche@gmail.com

Questionnaire pour le synode des Jeunes 2018: une grande franchise !

En avril dernier, les évêques de Belgique avaient adressé un questionnaire aux jeunes, dans le cadre de la préparation du synode d’octobre 2018 qui leur sera consacré sur le thème « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Les réponses ont été analysées.

Un document signé par les évêques référendaires pour la pastorale des jeunes, Mgr Patrick Hoogmartens et Mgr Jean Kockerols, livre le condensé des réponses reçues par la Conférence épiscopale belge. Rappelons tout d’abord que ce synode des jeunes se tiendra à Rome en octobre 2018 et rassemblera autour du pape François, des évêques représentant les épiscopats du monde entier, des experts et des invités, parmi lesquels, on imagine, des jeunes. Une rencontre « pré-synodale » à laquelle participeront des jeunes du monde entier aura lieu à Rome du 19 au 24 mars 2018. Dans cette perspective, un questionnaire on line a été proposé par le Vatican, pour les jeunes de 16 à 29 ans. Les évêques belges ont opté pour un questionnaire simplifié, adressé aux jeunes, sur six thématiques, partant de quatre petites citations bibliques, et avec des sous-questions. Ce questionnaire s’adressait aux jeunes de 15 à 30 ans, tant à ceux qui s’affirment croyants qu’à ceux qui s’estiment éloignés de la foi ou en recherche.

Des modèles à suivre
On retiendra d’abord que 607 jeunes francophones et 1123 néerlandophones, ont répondu au questionnaire. Concernant les choix de vie (question 1), les jeunes estiment de façon générale, qu’il est difficile de discerner et de choisir. Les obstacles sont nombreux : peurs, tiraillements, renoncements, manque de confiance, regard des autres et la pression sociale. Les jeunes comptent sur l’avis et l’encouragement des autres, en particulier de la famille et des amis. Une minorité de jeunes cependant prend du recul et consacre vraiment du temps à ce genre de réflexion, voire la vive dans la prière. Certains attendent vraiment des modèles à suivre. En revanche, l’accompagnement spirituel est très peu connu et encore moins pratiqué.
Pour la plupart des jeunes intéressés, le cheminement dans la la foi (question 2) ne peut grandir qu’avec des proches, en groupe (accompagné par une personne compétente), des témoins inspirants et des événements forts (camps, JMJ, pèlerinages). Certains soulignent l’importance des retraites (e.a. de confirmation ou de profession de foi), des liturgies et des homélies significatives, des initiatives paroissiales. Les jeunes disent que discuter de leur foi avec des gens qui ne croient pas ou qui ont une autre foi, leur permet de clarifier ce qui est ancré en eux. D’autres regrettent le peu d’occasions offertes aux jeunes de croître dans la foi, le peu de rencontres pour les jeunes au niveau local, diocésain et interdiocésain. Ils en ont pourtant le désir. Par ailleurs, le lien avec une véritable communauté chrétienne semble modeste dans bien des cas. Les jeunes constatent souvent des communautés « nécrosées », peu rayonnantes. Ils demandent un accueil chaleureux, de la joie, de l’enthousiasme. Il y a un très grand besoin d’écoute sans jugement. Ils attendent que l’Eglise les responsabilise et les appelle pour lui redonner vie et qu’elle aille aussi à la rencontre des « jeunes convertis ».
La découverte de la foi (question 3) constitue une partie où les jeunes répondent avec franchise n’avoir aucune démarche de foi ou de ne pas en avoir fait l’expérience. Ceux qui au contraire se déclarent croyants, renvoient souvent à leur éducation chrétienne en famille, notamment la foi des grands-parents. « Il faut souligner l’impact de moments personnels forts, tels que les funérailles d’un proche, l’expérience du pardon ou de la prière, les difficultés de la vie. Plusieurs soulignent aussi l’expérience d’être aimé de Dieu », soulignent les évêques.

Peu de jeunes vivent un lien « continu » avec l’Eglise (question 4), ou se sentent « reliés » à elle au plan local. Ils n’attendent donc rien d’elle. Le contact se fait par les sacrements, aux moments importants de la vie, en particulier le mariage ou à l’occasion de grandes fêtes comme Noël et Pâques. Pour certains, la messe dominicale est important : l’expérience d’être ému par le crédo, le geste vrai de la paix, le moment où l’on se salue fraternellement. Le lien avec l’Eglise universelle se vit de façon très forte aux grands événements (Taizé, Lourdes, JMJ): ce sont des moments d’unité dans la diversité qui « boostent ». A noter que la figure du pape, et spécialement François, est enthousiasmante pour beaucoup.

A la question 5, « Que veux-tu partager librement avec les évêques? », les membres de la Conférence épiscopale notent qu’une grande diversité se manifeste parmi les réponses positives. On y trouve des interpellations sur la pastorale des jeunes, la liturgie, l’ouverture au monde et la communication, les prêtres, les paroisses, la rencontre avec d’autres religions, la formation chrétienne solide (une besoin de structures et de stabilité), des questions particulières.

De ces réponses, les évêques belges ont établi des réflexions connexes. Ainsi, à propos de la pastorale des jeunes, ils notent « qu’il y a des attentes évidentes d’ordre spirituel chez certains jeunes, et plus qu’on ne le pense ». Les grands rassemblements (Taizé, JMJ etc.) et les temps forts sont de première importance tant pour découvrir la foi que pour faire l’expérience de l’Eglise, même si ensuite l’enracinement de l’expérience dans le quotidien est un vrai défi. Dès lors, les évêques référendaires soulignent le fait que les moments clés où on « passe » à l’église doivent être particulièrement ouverts aux jeunes présents, sans pour autant « brader » le message à transmettre. « De même, l’école, souvent avec sa grande diversité convictionnelle, est un lieu à ‘accompagner’ pour que la question de Dieu puisse y être posée, sans tabous », écrivent-ils dans leur note. Ils remarquent aussi que les jeunes qui se considèrent croyants sont dans la plupart des groupes (écoles, mouvements de jeunesse) en très forte minorité. Ils ont donc du mal à affirmer leurs convictions.

La note des évêques précise qu’en une vingtaine d’années, le nombre d’accompagnateurs de jeunes explicitement chrétiens a fortement décru, en particulier les jeunes prêtres, les vicaires, mais aussi les animateurs sens et foi dans les mouvements de jeunesse. Or, ils étaient les relais indispensables. « Les propositions d’ordre pastoral doivent aujourd’hui trouver place dans une suroffre d’activités, surtout dans les villes, avec la difficulté des jeunes de choisir, a fortiori de s’inscrire dans la durée », constate la note.

Il est également précisé que la dimension vocationnelle est passée un peu à l’arrière-plan de l’enquête. « Le mot même de vocation est assez ambigu: que recouvre-t-il? Elle ne peut être réduite à la prêtrise, à la vie religieuse ou à la vie consacrée. Les jeunes sont d’abord appelés… à la vie. Cela dit, l’éveil vocationnel doit être porté au sein des pastorales de jeunes ».

Enfin, précisons encore que les évêques regrettent que des questions pourtant importantes, ont été oubliées, comme les questions affectives, relationnelles, sexuelles, tant dans la vie que dans l’enseignement de l’Eglise, ou encore l’engagement au service du bien commun (l’aspect diaconal).

En conclusion, les évêques remercient les jeunes pour leur participation et leur franchise et disent prier « pour que le synode d’octobre 2018 soit fructueux pour la pastorale des jeunes de notre pays ».

CATHOBEL 6 décembre 2017 par Jean-Jacques Durré