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Week-end CCBF du samedi 21 au dimanche 22 octobre 2017

Week-end de rentrée 21 et 22 octobre 2017 à Issy les Moulineaux – Groupe scolaire – La Salle St Nicolas

Se ressourcer aux enjeux de la Conférence :
responsabilité et conscience des baptisés.
Conférence de Jean-Pol Gallez « Joseph Moingt, un prophète pour tous les
baptisés ? »

 » L’Église ne rentrera pas en communication avec ce monde tant qu’elle n’aura pas donné figure, en elle-même, à la liberté dont l’Évangile est la source….
L’avenir de l’Église, c’est de laisser ses fidèles aller au monde, y implanter des
communautés de disciples ouvertes à la vie des autres, y témoigner de la liberté
qu’ils tiennent du Christ et de la vitalité de l’Évangile, en assumant pleinement la
responsabilité de leur existence chrétienne engagée dans la vie du monde. »
Joseph Moingt (« Les laïcs dans l’Église »)

Télécharger le programme et le formulaire d’inscription : CCBF Paris 2017

La stratégie de la CCBF pour les années 2016 à 2018, à la lumière de notre premier bilan d’activité

Depuis notre création, notre charte (http://www.baptises.fr/content/charte-de-la-ccbf) conserve sa pleine actualité tant dans l’analyse que dans la proposition. Le propos de l’orientation stratégique, ci-dessous, est de donner corps pour aujourd’hui à l’invitation de nos fondatrices. Nous commençons par une rapide relecture de ce que nous avons accompli au cours de ces années et proposons des pistes de travail pour les années à venir. La proposition de fixer un cap peut paraitre réductrice mais il nous a semblé que nous devions miser nos forces sur un nombre limité d’orientations si nous voulions augmenter notre visibilité et impacter notre environnement.

A- Un état des lieux

Des motifs de satisfaction et d’optimisme, tout d’abord :

  1. Une forte notoriété, construite d’abord sur la visibilité personnelle de nos fondatrices et leur capacité à faire bouger les lignes. Cette notoriété a été relayée et amplifiée par la création de l’association, du site internet et de quelques manifestations visibles comme les conférences ;
  2. Une complète connivence avec la vision de l’Église du pape François, sa crainte du cléricalisme et son appel aux baptisés ;
  3. La reconnaissance et l’amplification de nos prises de parole par les médias pour lesquels nous sommes devenus un interlocuteur crédible ;
  4. Un large réseau qui, au-delà de nos adhérents, regroupe tous ceux – et ils sont nombreux, y compris au sein du clergé –, qui voient d’un bon œil nos activités et s’intéressent à nos travaux ;
  5. Une capacité de mobilisation et d’influence au travers de notre site et de notre page Facebook ;
  6. Des initiatives multiples, pertinentes et pleines de promesses : le prix du livre CCBF, l’école de prédication, le projet célébrer

À côté de ces points très positifs, nous ne pouvons pas ignorer les réelles menaces qui pèsent sur notre dynamisme :

  1. L’épuisement de la force militante dans toutes les régions qui n’ont pas pu constituer une masse critique. Convenons qu’il est presque impossible de construire, à partir de quelques bonnes volontés seulement, une force militante efficace face à la résistance de l’institution, a fortiori quand elle nous est hostile ;
  2. Une population adhérente plutôt vieillissante dont les forces de mobilisation diminuent, une difficulté à agréger des jeunes dont les préoccupations ne sont pas ecclésiales y compris quand ils s’intéressent à l’Église ;
  3. Le paradoxe d’une augmentation très significative du nombre des sympathisants en même temps que la diminution du nombre d’adhérents ;
    4. L’opposition et la résistance marquée d’une partie de notre clergé, qui cherche à nous marginaliser.

B- Dans ce contexte quelle est notre mission ? Quelles sont nos priorités ? Quels sont les objectifs réalistes que nous pouvons atteindre ?

Notre mission :

Rappeler inlassablement le rôle et la vocation de chaque baptisé, sa dignité propre. Susciter la réflexion de chacun sur son rôle dans l’église et sur l’église elle-même. Mettre en évidence la place des laïcs par nos multiples engagements dans et hors la CCBF et inviter à l’exercice régulier de la synodalité.

Comment nous voyons-nous ?
Nous tachons de nous regarder les uns les autres comme des témoins et des prophètes avec la mission particulière de susciter et de promouvoir les bonnes initiatives. Cette tension entre force critique et force de proposition fait notre singularité. A nous de faire en sorte que notre critique, toujours nécessaire et inévitablement véhémente, ne nous empêche pas d’être entendus lorsque nous proposons et construisons avec les autres. Nous devons rassembler autour d’initiatives, animés d’un sentiment de bienveillance vis-à-vis de tous nos frères chrétiens. Mais la bienveillance ne se confond pas avec l’acceptation d’orientations que nous pourrions considérer comme contraires à l’Evangile Notre vocation est de faire en sorte que l’Église de France continue à s’adresser à tous sans exclusive ni sectarisme. C’est peut-être, dans ces temps troublés, le devoir de notre génération.

Quelles orientations prendre ?
Commencer par toujours avoir notre charte à l’esprit et nous y référer en tant que groupes. Notre charte est le ciment de notre engagement, elle nous appelle à prendre des initiatives. Mais nous ne pouvons pas tout entreprendre. Compte tenu de nos forces et de nos moyens actuels nous avons décidé, pour les prochaines années, de privilégier une double stratégie d’influence et d’initiatives prophétiques et lorsque nécessaire de vigilance.

  • Une stratégie d’initiatives prophétiques : nous sommes appelés à innover dans tous les espaces de liberté que nous confère notre statut de baptisés ;
  • Une stratégie d’influence : puisque nous n’avons pas encore les moyens pour faire, donnons-nous les leviers de l’influence et de la visibilité tant nationalement que localement. Privilégions les actions symboliques, relayons les bons combats, y compris quand ce ne sont pas les nôtres, initions des débats, proposons des échanges autour de ce qui mérite d’être entendu ;
  • Un rôle de lanceur d’alerte : ce n’est pas notre raison d’être principale mais nous ne pouvons pas nous taire si des paroles ou des actes nous paraissent relever du contre témoignage ou du sectarisme. Notre mission est alors de faire savoir, de prendre position, d’appeler à des réformes ou à des décisions. Nous avons alors la vocation de jouer ce rôle tant auprès du peuple chrétien que de la société civile, localement ou au plan national.

C- Quels seront les applications de cette orientation stratégique ?

1. Intensifier notre présence médiatique et notre visibilité :

  1. Donner de l’écho et de la résonance à la parole du pape François qui ne cesse de nous appeler à le soutenir et à amplifier sa parole ;
  2. Tenir des propos plus tranchants sur des sujets de fond et générer des débats. Mais s’interdire le ton de la polémique et prohiber les condamnations ad hominem ;
  3. Être à l’initiative des sujets de débats dans l’Église, autour des meilleures initiatives. Les débats que nous initierons renforceront notre notoriété et nous poseront en interlocuteurs incontournables. Ainsi du colloque organisé par l’équipe de Lyon sur l’église en 2030 ;
  4. Identifier nos alliés dans et hors de l’institution ecclésiale. Les informer de nos initiatives et être en mesure de les mobiliser à certains moments clé de nos initiatives. Nos alliés sont nombreux et relèvent de multiple réseaux : au sein du clergé régulier et séculier, chez les universitaires, les journalistes, dans les associations… Nous ne les connaissons pas tous. Travailler avec eux est une mission essentielle ;
  5. Faire de notre site internet l’image et le relais de nos réflexions. Renforcer sa dimension institutionnelle. Qu’il devienne un lieu d’information, d’exposition et de partage de nos analyses et de nos initiatives ;
  6. Faire de notre page Facebook un lieu complémentaire de notre site, plus offensif et plus en pointe que le site. Elle doit inviter à la prise de position et aux débats.

2. Prolonger l’exhortation apostolique du Pape et particulièrement promouvoir de nouvelles pratiques ecclésiales :

  1. Fonder nos intuitions et nos convictions sur l’analyse des textes, l’histoire et la tradition de l’Église ainsi que sur les pratiques en cours dans les églises, en France et ailleurs ;
  2. Engager un travail dans le cadre du think-tank « Ecclesia-Nova » dont les travaux ont démarré en Septembre 2016. Nous avons retenu 2 thèmes de travail : dire la foi et élargir le rôle des baptisés ;
  3. Susciter, expérimenter de nouvelles pratiques liturgiques et sacramentelles qui permettront à l’Église de donner aux laïcs leur rôle plein et entier, tout en faisant face à la décroissance démographique durable du clergé. Quelques exemples :
    1. tout baptisé peut bénir une personne, un couple, une décision nouvelle. C’est un champ à investir davantage ;
    2. le sacrement des malades et le sacrement de réconciliation pourraient être donnés par les laïcs, aumôniers en milieu hospitalier ou carcéral ;
    3. l’accueil plein et entier aux divorcés remariés et, dans l’esprit de l’exhortation de François, la construction des étapes qui leur permettront de communier à nouveau ;
    4. la reconnaissance de l’amour entre personnes de même sexe.
  4. Susciter de nouvelles pratiques ecclésiales par la formation de compétences nouvelles et le soutien des meilleures pratiques :
    1. écoles de prédication ;
    2. travail sur la liturgie pour répondre à tous ceux à qui la messe ne parle plus, en particulier les jeunes. Apprendre à célébrer la Parole selon de nouvelles modalités à inventer, donner notre appui à tout type de bénédiction ;
    3. efforts pour se rendre audibles par tous ceux qui se tiennent aux lisières de l’orthodoxie ;
    4. nouvelles modalités d’animation des communautés sans prêtres.
    5. Expérience de fraternités vécue dans les paroisses et les mouvements

3. Favoriser la vie des groupes locaux :

  1. La CCBF ne se résume pas à sa partie la plus visible : nos sites internet et nos échos dans les medias. Ce sont les groupes locaux et thématiques qui la constituent. A eux de prendre des initiatives, de se développer, de contribuer à la naissance de nouveaux lieux, de susciter de nouveaux adhérents ;
  2. Le CA et le bureau doivent être vigilants pour que les initiatives des groupes soient reprises, et que les initiatives du CA ou du bureau tiennent compte des expériences des groupes et se construisent avec eux, doivent être attentifs. à la qualité et à la fréquence des liens avec les équipes locales et proposer des outils pour les aider à faire face à des enjeux locaux ou pour mieux développer leurs projets ;
  3. Toutefois, parce que nous savons combien il est difficile de créer des groupes locaux capables de faire face, nous devons nous aider mutuellement à être mieux entendus, là où nous sommes. Il nous revient de faciliter les échanges de bonnes pratiques, de proposer des appuis ponctuels, de nous visiter les uns et les autres ;
  4. Cependant, la CCBF n’est pas un mouvement centralisé. Elle regroupe sous un même nom des groupes locaux et des groupes thématiques, crées par les baptisés eux-mêmes. Les initiatives locales, enracinées dans le terreau de chaque diocèse, et les initiatives thématiques sont à la base de notre vitalité en tant que mouvement.

4. Maintenir et renforcer nos liens avec l’international pour s’enrichir mutuellement de nos expériences et pour soutenir ensemble le pape François. Il s’agit de favoriser nos liens avec le Forum européen des laïcs, et d’encourager toute initiative qui renforcerait la place des baptisés.

Le conseil d’administration de la CCBF, le 26 Novembre 2016