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Conférence du 22 janvier 2019

DON BOSCO, UNE PEDAGOGIE POUR AUJOURD’HUI.
« L’éducation change le monde » Mandela

Le conférencier Etienne Vandercruyssen nous ouvre les portes d’un monde nouveau, si différent de ce que l’on nous montre. Il s’agit de plus de 100 millions d’enfants qui n’ont pas accès à l’éducation. Le défi est relevé de la même manière que Don Bosco (1815-1888) l’avait fait à Turin en accueillant et protégeant les enfants des rues.

L’éducation par une pédagogie positive – écoute et bienveillance – est au cœur de leur action. Nombreuses sont leurs écoles surtout techniques et professionnelles mais aussi des cycles classiques et universitaires. Les pays en voie de développement ont un besoin urgent de jeunes bien formés. C’est dire si la qualité de l’enseignement est primordiale.
Le critère de parité entre garçons et filles est respecté ; elles représentent plus de 40%.
Les études terminées, les jeunes sont suivis en vue d’un travail décent, Fair Trade.
En moins de 6 mois, 70% sont engagés. D’autres créent leur propre entreprise et même des bureaux d’informatique ; certains jeunes ont conçus un logiciel pour la gestion des écoles.
Les compétences sont non seulement techniques mais aussi sociales faisant de ces jeunes des acteurs de changement : une société équitable qui répond aux objectifs de développement durable.

« Don Bosco » est aussi une véritable entreprise mondiale partiellement gérée par la maison mère à Rome. Elle est divisée en multiples provinces salésiennes avec le bureau central et les directions régionales. Ils sont présents dans 140 pays dont 60 de mission.
Un soutien constant est nécessaire au Congo, à Haïti mais d’autres pays tels le Pérou et l’Equateur deviennent autonomes.

La réalisation de ces aides exige d’énormes budgets. En Belgique, le Ministère de la Coopération au Développement accorde 80% de l’argent nécessaire à la réalisation d’un projet qui doit être concret, très structuré et travaillé par des ingénieurs, des docteurs en droit, avant d’être accepté. L’argent des derniers 20% est obtenu par les dons du privé, du mécénat et de personnalités : la Reine Mathilde, Mgr Van Looy…

Il y a aussi une coopération internationale dont le Conseil économique et social des Nations Unies, les associations des droits de l’homme et de l’enfant, sans oublier les accords avec les entreprises: Wesmael, Demé, Torfs, Besix group constituant de véritables partenariats.

Un dernier appel est fait aux jeunes pour une éducation à la citoyenneté mondiale.
Certains pays ont besoin de l’engagement de professeurs- éducateurs dans une variété de secteurs. Quelques expériences sont déjà une réussite, par exemple : le jumelage d’écoles (au Bénin, en Tanzanie) avec des jeunes de chez nous ; les mondes sont différents mais les liens humains sont une richesse commune.
Cette conférence pose toujours cette question aux Baptisé-e-s en marche :
Quel est votre part d’engagement ?

Tous nos remerciements à Mr Vandercruyssen pour cette conférence qui nous a ouvert de nouveaux horizons.

Raymond Leleux

Contacts de Via Don Bosco : info@viadonbosco.org
Votre aide : BE84 4358 0341 0159

D’un synode à l’autre

Qui s’en souvient ? Il y a eu de nombreux synodes organisés à Rome depuis que saint Paul VI a institué, un peu après le Concile Vatican II, cette instance de travail collégial pour conseiller le pape dans sa mission de pasteur de l’Église universelle.

Dans ces synodes, des thèmes variés ont été abordés,mais comme certains participants l’ont signalé, s’il y régnait un esprit de collégialité affective, on était encore loin d’une collégialité effective. Presque chaque fois, le pape a publié, quelques mois après le synode, une lettre appelée exhortation apostolique, reprenant sous forme de conclusions des points saillants des discussions.

Les choses ont changé depuis peu. Pour la préparation des synodes de 2014 – 2015 sur le mariage et la famille et celui de 2018 sur les jeunes, le pape François a décidé de consulter non plus seulement les épiscopats, mais aussi l’ensemble du Peuple de Dieu. De nombreuses personnes et groupes ont pris le temps d’étudier les questionnaires diffusés urbi et orbi – qui étaient parfois un peu hermétiques – et d’y répondre. Or, celui qui participe à l’apéritif a envie de savoir ce qu’il y a sur la table pour la suite. Dès lors, l’intérêt pour le déroulement du synode lui-même ainsi que pour ses « résultats » s’est forcément accru. On ne peut que s’en réjouir.

UN TRAVAIL COLLÉGIAL

Le synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » a duré presque un mois entier, en octobre dernier. On y a travaillé six jours sur sept ! Dans la grande aula se réunissaient 267 évêques de la terre entière, des religieux et aussi 34 jeunes représentant la jeunesse du monde. Chacun – jeunes compris – n’avait que 4 minutes de droit de parole ! Ce fut une succession d’interventions en tous genres. Des experts étaient chargés d’en tirer des éléments intéressants pour les intégrer dans le document final. Ils relisaient également les rapports des groupes de travail, constitués par affinité linguistique et où se retrouvaient entre 12 et 20 évêques. Les échanges y étaient plus faciles et les évêques s’efforçaient, en fonction des thèmes abordés, d’arriver à des points de vue communs. Enfin, dans les corridors, pendant la pause-café et les rencontres informelles, les discussions pouvaient se poursuivre au rythme de chacun.

Les experts ont rédigé un document final de 60 pages, dont les 167 paragraphes ont été votés un à un par les évêques présents au synode. Ce document a ensuite été confié au pape François : il servira à l’inspirer dans la rédaction de son exhortation apostolique. En espérant qu’elle ait le même tonus que la précédente, qui avait été intitulée, rappelez-vous, Amoris laetitia. Quand sera-t-elle disponible ? Espérons que ce soit pour le printemps 2019…

LE DOCUMENT FINAL

En attendant, regardons de plus près certains points de ce document final, pour lesquels la pastorale de l’Église en Belgique pourrait – ou devrait – se sentir particulièrement interpelée dans son attention aux jeunes. Encore faut-il distinguer, sans les opposer, les jeunes que nous côtoyons dans nos paroisses, ceux qui fréquentent les écoles qui nous sont proches, ceux qui s’engagent dans les mouvements de jeunesse ou dans des projets de solidarité, ceux qui cherchent… et ceux qui apparemment ne cherchent rien…. Il y a tant de jeunes à rencontrer!

Écouter. L’Église, avant de parler, se rend disponible pour écouter. Beaucoup d’évêques ont insisté pour que l’on trouve les espaces, les lieux, les moments adéquats pour être à l’écoute des jeunes. De nombreux jeunes ne sont pas ou pas assez écoutés, accueillis comme ils sont, avec leurs interrogations et leurs souffrances. Des laïcs devraient pouvoir être appelés à ce service, qui rejoint l’essence même de la vie croyante: «Écoute Israël».

Retenons ensuite l’attention à porter aux accompagnateurs de jeunes, qui devraient être présents dans nos structures existantes: paroisses, U.P., écoles, etc. Il manque cruellement de personnes disponibles pour leur proposer l’une ou l’autre activité qui permette d’approfondir les convictions de chacun, d’entrer dans la prière ou encore de s’engager ensemble au service du prochain. Le synode a rappelé toute l’importance d’interpeler, d’encourager et d’accompagner ces personnes.

Le thème de l’accompagnement spirituel a fait l’objet de nombreux échanges au synode, liés à ceux qui portaient sur «la vocation». (Je mets des guillemets, car le mot peut être compris selon des manières très différentes.) Ce genre d’accompagnement est, comme l’a rappelé l’Instrumentum laboris, un droit pour les jeunes, quand bien même, dans nos régions, peu en font la demande explicite. C’est donc un souhait que certaines personnes, dûment préparées, puissent être disponibles pour cette mission. Aussi bien des laïcs que des prêtres ou diacres ont certainement ce charisme, mais encore faut-il les former, les mandater et veiller à ce que le lien s’opère avec des jeunes en attente, en étant «repérables».

Si la plupart des habitants de la planète sont désormais connectés, le «continent numérique» est une réalité qui concerne particulièrement les jeunes. Internet, Facebook, Twitter et autres réseaux dits sociaux sont devenus incontournables. Le synode a mis en lumière les mutations d’ordre anthropologique qui vont de pair: le rapport à l’autre, au temps, à la «vérité», à la foi…
L’Église peine à trouver sa place dans cet univers, où le meilleur côtoie le pire. L’information circule, mais aussi l’injure, la pornographie, les fake news. Alors… l’Église n’aurait-elle pas quelque chose à proposer? On pourrait imaginer l’organisation d’un synode national, pour et par les jeunes, afin de réfléchir à cette question: «en tant que jeune chrétien, quelles sont les balises qui me guident dans l’emploi des réseaux sociaux?»

Enfin, un thème synodal délicat, mais incontournable, a fait l’objet de discussions parfois difficiles: la vie affective et sexuelle. Les approches sur ces questions sont souvent culturellement situées, mais l’attente est d’user d’un langage unique pour tous. L’interpellation d’un jeune a été trés forte, demandant aux évêques: «si vous ne parlez pas, d’autres parleront à votre place et nous induiront en erreur». Les jeunes attendent l’Église au tournant.
Le synode a été une expérience belle et exigeante. Je rends grâce d’avoir pu y participer, gardant dans mon cœur et ma prière les jeunes et toute l’Église de Belgique qui m’y avaient envoyé.

+Jean Kockerols

par CATHOBEL

Avec Don Bosco, donner une espérance aux jeunes

Ce 31 janvier, la personne de Saint Don Bosco est à l’honneur. Ce prêtre éducateur qui a vécu au 19ème siècle garde une grande influence sur les jeunes eux-mêmes.

C’est dans cette philosophie que le réseau salésien a eu l’idée de lancer ce jour, une série de vidéos montrant une image positive et enthousiasmante des jeunes autour des grandes questions qui les occupent. Le site 52paroles débute d’ailleurs sur une interpellation « Et vous les adultes! » Ensuite chaque semaine, un nouveau clip de 4 minutes permettra de regarder le monde à travers les yeux des 15-25 ans, cette génération si mal considérée.

« Don Bosco a su faire sentir l’étreinte de Dieu à tous les jeunes qu’il a rencontrés, en leur offrant une espérance, une maison, un avenir» , a souligné le pape François la veille de la fête du fondateur des Salésiens. Et le pape de souhaiter : « Que son témoignage nous aide tous à considérer combien il est important d’éduquer les nouvelles générations aux valeurs humaines et spirituelles authentiques. »

François a davantage encore évoqué le saint patron des Salésiens dans préface de l’ouvrage Evangelii gaudium avec don Bosco (Ed. Elledeci). Il y soulignait que le message de don Bosco avait été « un message révolutionnaire à une époque où les prêtres vivaient la vie du peuple de manière détachée» : il apportait « la joie et le soin d’un véritable éducateur à tous les jeunes qu’il arrachait des rues ».

À Turin, ville industrielle « qui attirait des centaines de jeunes à la recherche d’un travail» , écrivait le pape François, don Bosco « descendait dans les rues, entrait sur les chantiers, dans les usines et dans les prisons» . C’était un « porteur sain » de la « joie de l’Évangile », toujours « joyeux, accueillant, malgré les mille fatigues qui l’assaillaient quotidiennement« . Pour lui, poursuivait-il, « la sainteté consistait à être toujours gai ». « Ce n’était pas un saint avec une tête de vendredi saint, un triste rabat-joie» , mais plutôt une tête « de dimanche de Pâques» .

par (avec Zenit) – Cathobel