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Les soins palliatifs et l’euthanasie en Belgique aujourd’hui

Conférence sur les soins palliatifs et l’euthanasie en Belgique aujourd’hui.
Par le Dr Corinne Van Oost, mardi 17 avril 2018

Ce qu’on appelle aujourd’hui « Soins Palliatifs » (SP) en Belgique est la conséquence positive de la légifération de trois lois distinctes et unies datant de 2002 , plaçant la Belgique en 2ème place dans l’organisation de ces soins spécifiques aux patients.

1ère Loi : Droit du patient.  Le patient a des droits dont celui de choisir ce qui est juste pour lui.

2ème Loi : Mise en place des SP qui est un droit pour tout citoyen d’être accompagné en fin de vie de manière confortable au point de vue physique et psychique. Il s’agit également d’un travail d’écoute tant du patient lui-même que des ses proches, tout comme un accompagnement spirituel.
Aujourd’hui, 70% des personnes veulent finir leurs jours à domicile… Cette loi permet la mise en place d’équipes et de plates-formes aidantes pour ce type de situation.

  • QUOI ? Fin de vie
    • au niveau médical = pronostic vu par le médecin.
    • au niveau de la personne = « je sens que je ne suis pas bien… »
      Les SP sont donc une décision entre le médecin et la personne.
  • QUAND ? C’est une question de confort et d’accompagnement avec toujours au préalable et parfois, encore pendant ceux-ci, un traitement curatif.
    Les SP ont un but principal : améliorer et/ou maintenir la qualité de vie qui peut être au détriment de la durée : « Chaque jour nous nous informons de l’état du patient, de son ressenti ».

3ème Loi : Dépénalisation de l’euthanasie
Le constat est cocasse : c’est grâce à cette 3ème loi que les SP ont pu être améliorés. Et grâce à la qualité de ces derniers, les demandes d’euthanasie peuvent diminuer, actuellement: 5-10% des personnes en SP. Les motifs sont principalement les souffrances morales liées à la maladie et la difficulté d’accepter la diminution d’autonomie.
L’euthanasie est aussi demandée lorsque le patient est au bout de ses propres limites supportables. Il doit TOUJOURS s’agir d’une demande répétée, réfléchie, consciente, lors d’une maladie grave et irrécupérable et dont la douleur est inapaisable malgré tous les traitements possibles.
Il existe une solution intermédiaire qui est la sédation profonde mais elle est peu administrée car le patient n’est plus conscient donc pas d’ accompagnement personnel. Par ailleurs, les risques de perturbations psychiques liées aux sédatifs ne sont pas exclus.
Le Dr Van Oost explique clairement que pour elle, l’euthanasie est une réelle transgression; il s’agit d’un échec mais également d’un acte d’écoute et de compréhension de la souffrance du patient. Elle ne l’accepte que dans les conditions prévues par la loi et si les proches du patient comprennent et acceptent cette démarche. Le point bénéfique est un accompagnement conscient jusqu’au bout avec de grands moments d’émotions, de communication, de pardon… une des missions des SP… Il ne faut pas être seul au moment de mourir ; pour faire le grand passage, pour lâcher prise il faut se sentir aimé.
L’euthanasie n’est jamais pratiquée dans l’urgence, tient compte de l’intensité de la souffrance. Comme chrétienne, elle respecte en priorité « les valeurs » du patient, même si c’est difficile.

Les soins palliatifs

Nous vous invitons à venir nombreux écouter

CORINNE VAN OOST

Docteure en médecine, elle s’est formée aux soins palliatifs à la maison Jeanne -Garnier à Paris. Elle a travaillé à la Clinique St Pierre d’Ottignies et à l’ASBL Domus (soins palliatifs à domicile www.domusasbl.be). Elle s’est formée, notamment en éthique, à la Faculté Catholique de Lille. Avec une journaliste française, elle publie un livre sur la question de l’euthanasie.

SOINS PALLIATIFS
écouter et accompagner avec respect
jusqu’au grand passage

Le mardi 17 avril 2018 à 20 h.
Aux Fraternités du Bon Pasteur,
Rue au Bois, 365b à 1150 Woluwé St Pierre

Infos : Dominique De Ryck           baptisesenmarche@gmail.com

Bleri Lleshi: L’Amour en temps de peur.

(compte-rendu de la conférence du 27 février 2018 par Véronique Delloye)

Nos impressions sur la situation des réfugiés et sur leur nombre sont souvent éloignées de la réalité .
Prenons les chiffres: il y a 65 millions de personnes déplacées dans le monde dont 22 millions et demi qui ont le statut de réfugié. La moitié concerne des enfants. Les causes principales en sont le climat et les guerres. L’Europe accueille entre 2,5 % et 4 % de ces réfugiés . En Belgique, l’année 2015 qui a été l’année la plus sollicitée, nous avons reçu 33.000 demandes . En 2017 , le chiffre est tombé à 19.800. Très loin des impressions de certains qui croient que nous accueillions entre 300.000 et un million de demandeurs .

En Belgique le pourcentage de la population issue de l’immigration toutes nationalités confondues est de 12 % (Russes, Francais, arabes etc…). A Bruxelles , ce chiffre monte à 66 % . Après Dubaï , Bruxelles est la deuxième ville la plus diversifiée au monde .

Quelles sont les principales causes de la méfiance vis à vis des migrants ?
Les médias et les politiciens qui mentent sur les chiffres et sur les conséquences de l immigration . Il faut savoir que 95 % des Syriens se trouvent en Jordanie, au Liban et en Turquie. Pas en Europe !

Notre sécurité sociale consacre 0,2 % aux réfugiés. Très différent des chiffres que nous présentent certains leaders politiques. 75 % des réfugies des années 90 ont trouvé un travail .

En Allemagne, la décision d accueillir un million de réfugiés est le fruit d un calcul très objectif. Il faut accueillir ces personnes pour contrer le vieillissement de la population et
rééquilibrer la sécurité sociale. Les réfugiés créent des emplois .
L’Europe est en train de perdre 100 millions de sa population.
En Belgique les chiffres sur la pauvreté sont éloquents : 11 % sont belges, 33 % sont turcs et 54 % sont marocains.
Les jeunes ne trouvent pas de travail. C’est une question de racisme .
Les questions religieuse ne concernent qu une petite partie de la population .

Il est essentiel que nous sortions de nos préjugés, que nous nous informions sur la réalité des chiffres et que nous puissions nous ouvrir à l Amour pour combattre la peur qui
pollue tant nos sociétés .