Vatican : la première association de femmes est née !

« Donne in Vaticano », officiellement lancée au mois de décembre par douze femmes, a pour vocation de fédérer les laïques et les religieuses au service du petit Etat. Avec pour objectif d’attirer l’attention sur les problématiques auxquelles les femmes sont confrontées au quotidien.

« Nous avons créé une grande boîte vide, qu’il s’agit à présent de remplir ensemble. » C’est la métaphore qu’a choisie Romilda Ferrauto, ancienne rédactrice en chef de l’édition française de Radio Vatican et vice-présidente de l’association Donne in Vaticano (DVA), pour décrire cette structure récemment approuvée par le Saint-Siège. Elle s’exprimait, le 17 janvier dernier, en marge de la première rencontre de l’association ouverte aux 750 employées (laïques ou religieuses, employées ou retraitées) du Vatican, du Saint-Siège et de ses institutions, dans le but de créer « un réseau d’amitié, d’échange et de solidarité ». Imaginé il y a quatre ans, le projet cofondé par douze femmes et présidé par la journaliste américaine Tracey McClure, entend s’inscrire dans la droite ligne des Magistères pontificaux qui ont, au cours des dernières décennies, toujours encouragé un plus grand engagement féminin dans l’Eglise. Mais l’initiative dérive aussi du sentiment que certains besoins et difficultés persistent et qu’ils méritent d’être abordés. En œuvrant pour une meilleure visibilité des initiatives et contributions féminines au sein de l’Eglise, l’association se propose également de soutenir les femmes les plus exposées aux difficultés, notamment celles, nombreuses, qui n’ont aucun diplôme. L’association compte pour l’heure une cinquantaine de membres, en plus des fondatrices, qui se réuniront tous les mois dans le cadre d’apéritifs et de rencontres culturelles.

Aucune revendication idéologique

C’est au terme d’un parcours plutôt sinueux que l’acte constitutif a été signé par les autorités vaticanes, en septembre 2016. En effet, comme l’a rapporté la présidente de DVA lors de la réunion de présentation le 23 novembre dernier, les statuts ont été modifiés plus de trente fois avant d’être finalement approuvés. Outre les obstacles de type bureaucratique, c’est à quelques réticences – de la part d’hommes comme de femmes – que se sont heurtées les fondatrices tout au long du processus, certains ayant redouté l’émergence d’un « mouvement subversif » au sein de l’Eglise, une sorte de syndicat féministe aux thèses revanchardes, qui iraient à l’encontre des fondements du christianisme. C’est notamment la raison pour laquelle les fondatrices ont décidé de doter le projet d’une structure et d’une reconnaissance officielle de la part du Vatican, pour répondre aux interrogations voire au scepticisme qu’a suscité une telle initiative, et jouir ainsi d’une plus grande crédibilité. « DVA n’est pas née pour répondre à une quelconque idéologie mais s’est constituée de manière spontanée« , a souligné Romilda Ferrauto, précisant que la structure n’avait, en aucun cas, vocation à être un syndicat ou un lieu de revendication: « Sur le plan doctrinal, nous nous situons dans le strict respect du Magistère pontifical, nous sommes ‘dans’ le Vatican et non ‘contre’ lui« , a-t-elle ajouté.

D’après les fondatrices, il s’agit donc uniquement « d’exister » en attirant l’attention sur les problématiques auxquelles les femmes sont confrontées au quotidien.

Une présence accrue

La naissance de l’association s’insère dans un contexte particulièrement favorable, alors que le nombre de femmes à des postes de responsabilité est en constante augmentation. A ce jour, la Curie romaine compte deux femmes sous-secrétaires de dicastère: sœur Nicla Spezzati, à la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, et la laïque Flaminia Giovanelli au Conseil pontifical Justice et Paix. Ces dernières années, la nomination de Maria Domenica Melone au poste de rectrice de l’Université pontificale antonienne et la diffusion de « Femmes église monde », supplément du quotidien du Saint-Siège, l’Osservatore Romano, ont donné lieu à une plus grande influence féminine dans les cercles de réflexions du monde ecclésiastique. La nomination, début 2017, de l’historienne de l’art Barbara Jatta à la tête des Musées du Vatican et la confirmation de Mariella Enoc à la présidence de l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù ont renforcé la tendance, qui n’est pourtant pas si inédite que cela. Si en termes de quantité et de responsabilité, la présence féminine s’est notablement accrue depuis le pontificat de Benoît XVI et plus généralement depuis Vatican II, la propension de l’Eglise catholique à favoriser l’émergence d’éminentes figures féminines ne date pas d’hier. En attestent les innombrables saintes, héroïnes et intellectuelles qui ont agi en son nom au fil des siècles. Le fait que le christianisme ait, à ses fondements, reçu une adhésion bien plus importante de la part des femmes – tous rangs sociaux confondus – n’est pas le fruit du hasard. N’oublions pas en outre que la première diplômée de l’histoire, Elena Lucrezia Cornaro, était une oblate bénédictine, et qu’en 1745, Benoît XIV créa spécialement – et contre l’avis de nombreux professeurs – une chaire universitaire à l’académie Benedittini pour Laura Bassi, première femme à entreprendre une carrière académique.

Aujourd’hui, comme le souligne l’association DVA dans un communiqué sur la place des femmes au sein du Vatican, le petit Etat serait le seul au monde à pouvoir revendiquer une parité salariale parfaite. Et si les fondatrices font état d’une persistance de « discriminations plus ou moins masquées et souvent culturelles« , c’est bien dans les messages de nombreux Souverains Pontifes qu’elles disent puiser leur légitimité, le plus récent d’entre eux n’étant autre que celui du pape François, qui a appelé à « promouvoir leur rôle actif dans les communautés ecclésiales », car l’Eglise, « si elle perdait les femmes, risquerait la stérilité ».

Solène TADIÉ, 21 février 2017, CathoBel

Le pape François a publié son message de Carême

Le message du Pape pour le Carême, qui débutera le 1er mars prochain avec la célébration du Mercredi des Cendres, a été rendu public ce mardi matin. François y déploie une réflexion basée sur la parabole de la rencontre entre Lazare et l’homme riche. Une nouvelle occasion saisie par le Pape pour inviter tous les catholiques à ne pas rester indifférent face aux drames vécus par les pauvres.

Le temps du Carême «nous adresse toujours un appel pressant à la conversion» : le chrétien est appelé à revenir à Dieu «de tout son cœur» pour «ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur». A travers « le jeûne, la prière et l’aumône », et dans une écoute plus attentive de la Parole de Dieu, les chrétiens doivent cheminer vers une relation plus aimante avec les personnes habituellement rejetées par la société.
«Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible», répète le Pape François. Mais dans la parabole de Lazare et de l’homme riche, celui-ci se laisse enfermer par «l’amour de l’argent, la vanité et l’orgueil»«Le riche ne voit pas le pauvre qui est affamé, couvert de plaies et prostré dans son humiliation.»

Revenir à l’humilité

L’entrée en Carême est donc l’occasion de revenir à l’humilité. Le prêtre, en imposant les cendres sur la tête, répète ces paroles : «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras  en poussière». Le riche et le pauvre, en effet, meurent tous les deux. Les deux personnages découvrent subitement que «nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pourrons rien emporter».
«Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin», conclut le Pape à la fin de son message. Il invite notamment à participer concrètement aux campagnes de Carême organisées par les paroisses, les diocèses et les associations caritatives.

CV/Radio Vatican

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Lettre des évêques de Belgique : Populorum Communio ou la Communion des peuples

«Dansons-nous sur un volcan prêt à entrer en éruption?» C’est par cette question provocante que débute la lettre des évêques de Belgique publiée pour le Carême de cette année et intitulée Populorum communio.

La question posée invite à ouvrir les yeux sur les déséquilibres et les injustices qui marquent notre monde. Pour y répondre, les évêques ont écrit cette lettre, qui ambitionne d’actualiser pour notre pays l’enseignement et l’engagement social de l’Eglise, à l’occasion des 50 ans de la publication de l’encyclique du pape Paul VI, Populorum progressio, le 26 mars 1967. A l’époque, il s’agissait de s’engager en faveur du développement des peuples, à un niveau planétaire. Aujourd’hui, avec la mondialisation de la société et l’évolution de l’histoire, il s’agit en outre de penser à la communion des peuples, c’est-à-dire à la paix entre les nations, dans la justice et la solidarité. Le pape François nous engage résolument sur cette voie, lui qui a fait son premier voyage pastoral à l’île de Lampedusa pour valoriser l’accueil des réfugiés et des immigrés.

Les évêques relèvent quatre défis dans leur lettre et proposent des pistes de réponse. Le premier défi est celui de la technologie et des conséquences du développement des sciences. «Des innovations constantes changent nos modes de vie. L’ordinateur, le téléphone portable et le développement du numérique ont révolutionné la vie quotidienne sur tous les continents et entraîné une globalisation du monde […]. La notion de justice sociale est une réponse cohérente aux défis que présentent la science et la technique dans notre monde actuel» (III,1).

Le second défi est celui de l’économie. «L’économie crée un grand nombre de personnes exclues des bénéfices et exerce une domination sur les autres secteurs d’activités, au nom d’une logique prépondérante de rentabilité à tout prix» (III,2). Mais «aujourd’hui, grâce à une action inspirée par la justice sociale et la solidarité évangélique, on peut construire une gouvernance mondiale et une conscience sociale internationale qui maîtriseraient les injustices produites par l’économie sauvage et par les guerres locales dévastatrices. On permettrait ainsi de sortir de l’exclusion économique un grand nombre de personnes victimes de cette logique économique non contrôlée» (IV,2).

Le troisième défi est celui des conflits entre nations et de la diffusion de la violence. «Pour travailler à la communion des peuples, les chrétiens ont à découvrir et à reconnaître l’autre, les autres, proches ou lointains, si différents soient-ils, spécialement les pauvres, mais aussi à changer, à se convertir, à la lumière de la foi en Jésus, d’abord sur le plan personnel, mais aussi au niveau des communautés humaines et chrétiennes ainsi que vis-à-vis des structures» (IV,3). Cela implique en particulier un accueil des réfugiés, qui sont en quête de paix et de sécurité.

Le quatrième défi est celui de l’écologie. «Car notre mode de vie, les nombreuses crises, la domination de l’économie et la fragmentation des divers secteurs de l’activité humaine menacent les capacités de la terre. Ce sont précisément les plus vulnérables et les plus pauvres d’entre nous qui en sont les premières victimes. De là une invitation à y faire face, un appel à se sentir ensemble responsables de notre ‘Maison commune’ qu’est la terre. Nous voulons ainsi nous engager sur la voie des institutions ‘en transition’» (IV,4).

Les évêques invitent chaque chrétien relever ces quatre défis à la lumière de l’évangile du 26 mars 2017 (4e dimanche de Carême), celui de l’aveugle-né (Jean 9,1-41). «Jésus se trouve confronté à une situation apparemment sans issue : celle d’un homme malade des yeux, qui a tenté différentes solutions pour trouver la vue, mais n’a pas connu de résultat positif. Cela ressemble un peu à l’impasse que nous discernons dans notre monde actuel, où nous entendons aussi bien le cri du pauvre que celui de la Terre. Cet aveugle-né sera guéri en quatre étapes, que nous pouvons synthétiser en quatre mots : regard, geste, communion et mission» (II). Quatre pistes stimulantes aujourd’hui encore!

Retrouvez ci-dessous le texte intégral de la Lettre des évêques de Belgique pour les 50 ans de l’encyclique «Populorum progressio» du pape Paul VI:

17 02 20 Populorum communio F Texte Intégral

20 février 2017 - Rédaction Cathobel