L’homme de demain sera-t-il transhumain ?

Conférence de David Doat – 2 octobre 2018

David Doat est docteur en philosophie, agrégé de l’UCL, titulaire de la chaire « Éthique et Transhumanisme » à l’Université catholique de Lille, responsable national de L’Arche en Belgique francophone.

En introduction, David Doat rappelle qu’il s’est engagé très tôt en faveur des handicapés à L’Arche de Jean Vannier. En découle naturellement sa thèse de philosophie traitant de la vulnérabilité en lien avec le transhumanisme. D’un point de vue historique, les exemples d’assistance technique à l’égard de personnes handicapées remontent à la préhistoire, soit plus d’ 1,7 millions d’années. À l’ère de la modernité, tant les politiques que les individus ont voulu « améliorer » la société par l’usage des techniques et des sciences. À titre d’exemple, la génétique vise à traiter les maladies mais elle pourra accroître nos performances intellectuelles, allonger notre vie et peut-être même modifier notre « fondamental humain, soit une nouvelle forme de vie dans la grande histoire de l’univers.

Y-a-t-il encore une frontière entre le réel et le virtuel ?

  • Les connexions entre le cerveau et l’informatique sont devenues des projets industriels. L’implantation de puces au niveau d’un membre ou d’un lobe cérébral est déjà une réalité. Les algorithmes régulant étape par étape les activités humaines régulières sont légion. La possibilité de clones humains n’est plus une utopie. La rupture avec le passé est donc totale !
  • Les liens sociaux sont bouleversés et la communication s’articule via un réseau. Les problèmes économiques, médicaux sont très concernés mais aussi les juridiques. Ainsi, s’il est admis que l’animal n’est plus un objet, qu’en sera-t-il de la responsabilité d’un robot ?
  • Le transhumaniste passionné de techniques veut libérer entièrement l’innovation et refuse toute limite à la liberté par exemple dans le choix à disposer de son corps.

Ainsi donc la course à la croissance est relancée avec l’espoir que les nouvelles techniques permettront de neutraliser, à tout le moins de maîtriser les effets pervers tant pour la planète que pour la justice sociale. À cet égard, il faut craindre l’augmentation du chômage par les pertes d’emploi et que le fossé entre riches et pauvres ne se creuse encore.

Face à ces évolutions le débat démocratique et l’éthique prennent toute leur importance. Il nous faudra :

  • préserver la liberté humaine, éviter d’asservir l’homme,
  • privilégier les relations humaines,
  • protéger les plus vulnérables .

Réalisons que nous sommes déjà de plein pied dans l’ère du transhumanisme, de l’homme-dieu. Il s’ agit d’une nouvelle révolution pas seulement technique mais sociale.

Résumé sur base de prise de notes, Raymond Leleux

NB: David Doat et Franck Damour sont les auteurs du livre :
 « Transhumanisme, quel avenir pour l’humanité ? »
Editions : le cavalier bleu. Septembre 2018.

Prière du pape François pour les jeunes et le synode

Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel [1]

Chers Frères et Sœurs,

Prions particulièrement pour les jeunes du monde entier et les évêques rassemblés à Rome à l’occasion du synode sur la jeunesse en ce mois d’octobre. Les enjeux pour les jeunes sont énormes. En Belgique, plus de 4000 d’entre eux ont écrit sans langue de bois aux évêques belges [2] afin que l’agir pastoral soit directement interpellé par leur visage et les situations dans lesquelles ils se trouvent.
Nous sommes tous invités à prier dans nos assemblées dominicales mais aussi dans tous nos groupes de réflexion, partage, cours et dans nos cœurs-à-cœurs avec le Seigneur, la prière suivante écrite à l’occasion de ce synode par le pape François afin « d’élargir les horizons, de dilater le cœur et de transformer ces structures qui aujourd’hui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes [3] »


Prière du pape François pour les jeunes et le synode
« Seigneur Jésus, ton Eglise en chemin vers le Synode tourne son regard vers tous les jeunes du monde.
Nous te prions pour qu’avec courage ils prennent en main leur vie, ils aspirent à ce qu’il y a de plus beau et de plus profond et ils gardent toujours un cœur libre.
Par l’accompagnement de guides sages et généreux, aide-les à répondre à l’appel que Tu adresses à chacun d’eux, pour réaliser leur propre projet de vie et atteindre le bonheur.
Maintiens leur cœur ouvert aux grands rêves et rends-les attentifs au bien de leurs frères.
Comme le Disciple bien-aimé, qu’ils soient eux-aussi au pied de la Croix pour accueillir ta Mère, en la recevant comme un don de Toi.
Qu’ils soient témoins de ta Résurrection et qu’ils sachent te reconnaître vivant à leurs côtés en annonçant avec joie que Tu es le Seigneur.
Amen. »

[1] Le Cardinal Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, a clairement expliqué à Rome, le 6 avril 2017, à Rome que le discernement vocationnel était à prendre au sens large : vocation à l’amour, à la vie. Vocation qui prend une façon concrète pour chacun : le mariage, la vie ordonnée, le métier, l’engagement social, la gestion du temps… Discernement pour découvrir comment faire des choix pour aller vers la plénitude de joie.
[2]Jeunescathos.org (pour suivre le synode d’un point de vue belge et blog de Mgr Jean Kockerols)
[3] Homélie du pape François (3 octobre 2018)